En 2024 et 2025, j’ai parcouru l’ensemble de la voie de Vézelay, aussi appelée Via Lemovicensis, et qui relie Vézelay en Bourgogne à Saint-Jean-Pied-de-Port au pied des Pyrénées sur environ 1 100 kilomètres.
Dans cet article, je vous partage mon impression sur ce chemin de Compostelle et mes conseils pour la navigation, les hébergements, les ravitaillements, l’équipement et plus encore…avec en bonus quelques anecdotes qui montrent pourquoi cette voie mérite vraiment d’être parcourue.

Pourquoi ce chemin
Une grande traversée de la France en diagonale
J’ai réalisé ce chemin de Compostelle en deux fois: j’ai marché 2 semaines en septembre 2024 et 1 mois en juillet 2025. J’ai choisi cette voie comme une continuité de mon premier chemin, la Via Arduinna. J’étais partie à pied de ma maison à Awayille en Ardenne belge pour rejoindre Orval à la frontière française, en solo et avec ma petite tente. Cette première expérience a été très positive et m’a montré que j’étais capable physiquement de marcher plusieurs jours seule avec tout mon matériel, et mentalement cela m’a fait beaucoup de bien. J’ai donc décidé de poursuivre ce chemin, d’abord par un tronçon un peu rock-en-roll d’Orval à la frontière belge jusqu’à Vézelay, et puis de continuer sur la Voie de Vézelay à proprement parler pour aller jusqu’à là frontière espagnole. Une grande traversée de la France dans cette région qu’on qualifie de « diagonale du vide » qui m’enthousiasmait beaucoup. Un défi à la fois physique, mais aussi spirituel, qui m’a permis de réfléchir sur moi-même, de mieux me connaître et de gagner en confiance. Dans les chemins de pèlerinage, je trouve qu’il y a une autre dimension qu’on ne trouve pas forcément dans les Grandes Randonnées, on parcourt souvent ces chemins pour chercher autre chose que les paysages ou le l’activité sportive uniquement.

Ce chemin est-il fait pour toi?
Cette voie est peu fréquentée comparée aux chemins plus connus comme la voie du Puy-en-Velay ou le Camino Francés. Elle est idéale si tu cherches une voie plus introspective, plus intimiste, et qui peut demander une certaine patience. Il est courant de ne croiser aucun autre pèlerin pendant de nombreux jours, et les gîtes n’ont parfois que 4 à 5 lits. Je me suis davantage sentie pèlerine sur ce chemin, et non pas comme une « touriste » (sentiment que j’ai eu sur le Camino Frances par exemple). C’est pour moi le plus gros point fort de cette voie. Si à l’inverse tu désires faire Compostelle pour les rencontres, les échanges et les grandes tablées, tu risques probablement d’être déçu sur cette voie (une amie n’a pas du tout apprécié la grande solitude de ce chemin par exemple).
L’itinéraire compte assez peu de dénivelé et est donc physiquement accessible, en tout cas plus que la voie du Puy ou du Piémont que j’ai aussi parcourue. Le dénivelé avoisinait en général les 350 à 400 m de D+ sur 20 km (entre 200 m de D+ pour les jours les plus faciles à 500 m de D+ pour les plus vallonnés). Il y a peu de portions difficiles techniquement parlant, et l’itinéraire est assez roulant sauf parfois certains petits sentiers peu fréquentés où la végétation envahit un peu. Un inconvénient est qu’il y a beaucoup de bitume sur cette voie (certains jours sont quasi 100% bitume), c’est quelque chose que je n’ai pas trop aimé car c’est fatigant pour la plante des pieds. Les zones habitées sont parfois éloignées les unes des autres et il arrive de marcher longtemps sans croiser de village avec des infrastructures.
Les hébergements et possibilités de ravitaillement sont logiquement moins nombreux sur cette voie moins fréquentée. Découper ses étapes à sa guise ou faire des petites étapes est parfois plus difficile si on ne dort qu’en auberge. Il est nécessaire d’anticiper ses ravitaillements car il y a peu de points de ravitaillement spécialement dédiés aux pèlerins. Par contre il n’est en général pas nécessaire de réserver ses auberges à l’avance vu la fréquentation limitée (pas de stress de réservation des semaines à l’avance).
L’intérêt paysager est, selon mon propre avis, moindre que sur les voies que j’ai parcourues au sud de la France (voie du Baztan, voie du Piémont pyrénéen, voie de la Nive et un tout petit bout de la voie du Puy). Les paysages sont quelques fois monotones, avec des passages dans de grandes zones de champs cultivés ou bien la longue portion dans les forêts de pin dans les Landes par exemple. Malgré cela, j’ai beaucoup aimé découvrir des régions de France peu touristiques, dans lesquelles je ne serais probablement jamais passée autrement. Cette voie comporte tout de même de beaux villages authentiques, de jolies portions agréables à parcourir, et des lieux chargés d’histoire et de charme. En tout cas je la recommande.

L’itinéraire et la navigation
Le chemin de Vézelay est globalement bien balisé grâce à des flèches avec la coquille (qui varient légèrement selon la région traversée), au balisage avec traits jaune et bleu, ou encore à des coquilles peintes. Parfois certaines portions sont communes avec le GR654 balisé en rouge et blanc. Plus de détails sur le balisage ici.



Il existe sur internet des traces GPX de l’ensemble de la voie de Vézelay. Je te conseille vivement d’installer l’application pour smartphone Mapy.cz (avec téléchargement gratuit d’un pays hors ligne) où la voie de Vézelay et ses variantes sont intégralement tracées. Cette application permet de se localiser facilement sur la carte et éventuellement de trouver des chemins alternatifs en cours de route via ses cartes OpenStreetMap très complètes. Je l’utilisais uniquement en cas d’incertitudes sur le balisage ou pour éviter un chemin peu praticable par exemple. L’idée n’est pas d’être collé à son écran tout le chemin. Organic Maps est aussi une très bonne application, plus légère, et il est possible d’y ajouter les hébergements comme décrit ici.
Je te conseille également le guide papier ou numérique Miam Miam dodo dédié à la voie de Vézelay. Ce guide comprend les cartes du chemin ainsi que les hébergements et les ravitaillements. Avant chaque étape je consultais le guide pour anticiper où j’allais passer, où me ravitailler et réserver mes hébergements (les numéros de téléphone et adresses mail des hébergements y sont mentionnés). Il m’a été d’une grande utilité. J’ai par contre remarqué que dans le guide de 2025, certaines portions balisées sur le terrain ne sont pas les mêmes que le tracé du livre (je suivais alors le balisage en vérifiant simplement sur Mapy en cas de doute), et les profils altimétriques et dénivelés sont selon moi mal estimés. Je regrette également que beaucoup de campings n’y soient pas mentionnés. Pour les trouver j’utilisais simplement Google maps.Avec ces astuces, je ne me suis jamais perdue sur le chemin. Au pire, si on pense s’égarer, il suffit de rebrousser chemin et revenir jusqu’à la dernière balise aperçue et reprendre à partir de là.
Variante de Bourges ou de Nevers?

Une des grandes questions qui revient sur la Voie de Vézelay est : emprunter la branche de Bourges ou de Nevers? Personnellement je n’ai emprunté que la branche de Nevers. Les raisons étaient que les paysages y seraient plus beaux, d’après plusieurs pèlerins (plutôt des prairies et plus verts et arborés que l’autre variante davantage à travers de vastes zones agricoles). J’ai en effet apprécié cette variante. Elle est cependant un peu plus longue que celle via Bourges, et contrairement à ce que certains prétendent elle compte également beaucoup de bitume. Pour raccourcir un peu, j’ai coupé une partie en empruntant le GR qui traverse la grande forêt de Grossouvre (et j’ai dormi dans le domaine du château de Grossouvre, assez insolite).

J’ai visité la cathédrale de Bourges par la suite et franchement elle est d’une très grande beauté architecturale, et constitue indéniablement un atout de la variante de Bourges. À Nevers, il y a aussi la belle Cathédrale Saint-Cyr et Sainte-Julitte (mais selon moi moins impressionnante que celle de Bourges) et l’Espace Berdanette Soubirous qui est un lieu religieux d’intérêt du pèlerinage.



La variante de Bergerac
Une variante permet aussi de passer par Bergerac en Dordogne, et de traverser des zones viticoles. Je ne l’ai pas empruntée et je ne peux donc pas donner d’avis personnel, mais elle me faisait de l’œil.
Hébergements
La voie de Vézelay s’adapte à tous les pèlerins, que tu souhaites dormir dans les traditionnelles auberges pour pèlerins en dortoir, dans des chambres d’hôtes ou hôtels avec plus de confort, ou même avec ta tente en camping ou en bivouac.
Auberges, chambres d’hôtes, hôtels
Les refuges municipaux et associatifs et la majorité des Accueils Pèlerins à Domicile, auberges diverses, chambres d’hôtes, ou hôtels accueillant les pèlerins sont répertoriés dans le guide Miam Miam Dodo ou sur le site des Amis et Pèlerins de Saint-Jacques de la Voie de Vézelay. Il peut aussi être intéressant de regarder sur Airbnb ou Booking si les hébergements du Miam Miam Dodo sont trop peu nombreux, complets ou si tu préfères une chambre individuelle. À Limoges, par exemple, les gîtes jacquaires étaient étonnamment tous complets et je suis passée par Airbnb pour trouver une chambre individuelle abordable.
Les refuges municipaux ou associatifs sont assez bien répartis. Ce sont des hébergements basiques en chambre commune mais bon marché (compte entre 10 et 20€/nuit). Certains sont tenus par des hospitaliers bénévoles qui accueillent les pèlerins avc grand coeur et les conseillent sur la suite de leur chemin. Les auberges privées sont un peu plus chères (15-30€ en dortoir). Personnellement, je réservais en général les auberges la veille ou même parfois le jour même et elles étaient rarement complètes. Attention si vous cheminez en groupe car certaines auberges ne disposent que de quelques lits (le nombre de places est indiqué dans le Miam Miam Dodo). Dans certains refuges municipaux, on ne peut pas réserver trop longtemps à l’avance pour éviter les désistements, et dans quelques-uns (rare) c’est même premier arrivé, premier servi. On paie en général sur place et en liquide. Parfois il y a une urne dans laquelle il faut mettre le montant exact de la nuit donc prévois assez de petites coupures et de liquide car les distributeurs de billets sont peu nombreux en dehors des grandes villes.



Pour les hébergements en chambre commune, prévois des boules Quies (pour moi un indispensable pour dormir « dans sa bulle ») ainsi qu’un drap de sac (« sac à viande ») et un petit sac de couchage car des couvertures ne sont pas toujours fournies. Pour la sécurité, dors toujours avec tes papiers et objets de valeur près de toi (dans ton sac de couchage par ex). Les vols de sac entier sont très rares, pour minimiser tous les risques une astuce est d’attacher le sac au pied du lit avec une corde (ce n’est pas très discret pour le voleur de partir avec en pleine nuit). Parfois les sacs doivent rester hors des chambres pour éviter les puces de lit et on ne peut prendre près du lit que ses objets indispensables dans un petit panier. Honnêtement je ne me suis jamais sentie en insécurité dans les auberges, particulièrement celles où nous étions que quelques pèlerins dont on connaît vite l’identité et où la confiance régnait.
La crédencial (qui fait office de « passeport du pèlerin ») à tamponner pour attester de votre passage est indispensable pour accéder à la plupart des hébergements jacquaires. C’est aussi un beau souvenir du chemin. Tu peux te la procurer dans une association de pèlerins de ta région, directement sur place dans certaines villes (Vézelay ou Saint-Jean-Pied-de-Port par exemple) ou sur plusieurs sites internet comme celui des Amis et Pèlerins de Saint-Jacques de la Voie de Vézelay.

Campings
Si tu as une tente, il y a des campings assez régulièrement sur la Voie de Vézelay. Il faut les chercher sur Google Maps. C’est un moyen économique pour dormir dans un lieu sécurisé, et ça offre aussi plus de flexibilité pour choisir où dormir. J’ai beaucoup aimé les campings municipaux, les services y sont basiques mais les prix sont très abordables (une dizaine d’euros/nuit) et c’est une alternative sécurisée au bivouac où on peut dormir sur ses deux oreilles et prendre une bonne douche. En général j’alternais entre gîte pèlerin, camping et bivouac.

Bivouac
Pour les adeptes du bivouac, j’ai passé beaucoup de temps à répertorier en chemin les lieux potentiels de bivouac sur le tracé (photo, localisation, commentaires). Tu peux trouver la carte complète et gratuite ici.
Pour trouver moi-même un emplacement de bivouac, je regardais un peu sur la carte satellite Google Maps en combinaison avec une carte topographique (Mapy.cz avec courbes de niveau activées) pour identifier les lieux possibles. Il pouvait s’agir d’une forêt, de bandes enherbées en bordure des champs, prairies sans clôture (s’installer en bordure uniquement), un parc dans un village, un ancien lavoir, etc. Je répertoriais aussi les anciens lavoirs sur Internet car ce sont de très bons lieux de bivouac couverts et souvent avec de l’eau pour se laver. Demander directement aux mairies où il est autorisé de poser sa tente est aussi une bonne idée qui m’a aidée plusieurs fois. Sur place on découvre aussi parfois des lieux intéressants par hasard.
Attention pour les forêts, j’ai remarqué que beaucoup sont impénétrables à cause de broussailles (ronces, buissons, fougères etc) et donc peu propices à poser une tente facilement. Notamment dans les Landes, je pensais pouvoir bivouaquer facilement dans la forêt mais en fait il y a des fougères et broussailles quasi partout. Attention aussi aux tiques qui sont très nombreuses, surtout dans les hautes herbes ou forêts denses (examine bien ton corps chaque soir)!! Les moustiques peuvent également être particulièrement pénibles (le tarp et hammac sans moustiquaire ne sont pas idéaux en été). En dernier recours, certains pèlerins choisissent de passer la nuit dans un cimetière : c’est souvent un lieu calme où l’on trouve un point d’eau, même si cela peut sembler un peu flippant. Veille toutefois à respecter les lieux et la réglementation locale.

Ravitaillements
Je me ravitaillais principalement dans les supermarchés, supérettes ou boulangeries, que je cherchais sur Google Maps. Il y en a régulièrement sur le tracé, mais dans les endroits les moins habités il faut tout de même planifier le nombre de repas à transporter car on ne trouve pas toujours de magasin tous les jours et il y a très peu de petits points de ravitaillement dédiés aux pèlerins comme on peut trouver sur le Camino Francés par exemple. Attention aussi au dimanche et lundi où tout est souvent fermé et où il faut donc faire des provisions à l’avance! Je téléphonais parfois pour être certaine que l’établissement serait ouvert à mon passage. Chaque jour j’évaluais mes réserves et je planifiais les prochains arrêts de ravitaillement.
Certaines auberges privées ou chambres d’hôtes proposent des repas (souvent le repas du soir et le petit déjeuner, parfois un pique-nique pour midi) pour un supplément. C’est très pratique pour éviter de porter trop de nourriture dans son sac et ça permet de manger chaud le soir. Les gîtes communaux ne proposent en général rien, sauf des auberges tenues par des bénévoles qui proposent parfois des repas ou bien qui ont un mini coin épicerie (ça peut nous sauver dans les villages où il n’y a rien!). Dans certains gros villages ou ville, il y a aussi souvent des brasseries ou des restaurants. Certains campings privés ont aussi un restaurant, un snack, ou une épicerie. L’idéal est de téléphoner avant pour être sûr des heures d’ouverture et planifier en conséquence.
Pour une question d’économies, je faisais mes courses et préparais presque tous mes repas moi-même, mais ça demande une logistique un peu plus fine. Je profitais des gîtes pour cuisiner et manger chaud (en réservant, je demandais toujours s’ils avaient une cuisine). Sinon je mangeais froid, notamment en camping et bivouac car je n’avais pas emporté de réchaud pour m’alléger.
Je rédigerai prochainement un article sur l’alimentation sur Compostelle quand on n’a pas de réchaud.

En ce qui concerne l’eau, j’avais deux gourdes d’un litre chacune que je remplissais lors des passages dans les villages. On trouve très souvent un point d’eau dans les cimetières des villages traversés. Sinon je demandais dans les mairies ou aux habitants tout simplement. Attention, l’eau de ville (par ex dans les toilettes publiques) ou des cimetières n’est pas toujours traitée et donc potable (eau de pluie par exemple)…je ne le savais pas au début! Je te conseille donc d’emporter une gourde filtrante ou des pastilles de purification (type Micropur ou Aquatabs) quand l’origine de l’eau est douteuse. Dans mon cas, j’avais une gourde BeFree Katadyn mais qui s’est bouchée (ou séchée?) après seulement quelques utilisations, j’ai été très déçue. Quand il ne fait pas trop chaud, je ne remplis pas les gourdes à fond car 2L d’eau car cela alourdit rapidement le sac, et à chaque village je reprends de l’eau et j’en bois beaucoup sur place pour bien m’hydrater sans alourdir le sac.
Équipement
Concernant le sac à dos et l’équipement indispensable, j’ai rédigé un article détaillé dans lequel je présente toute ma liste de matériel.

Budget
On peut parcourir la voie de Vézelay pour quasiment tous les budgets. Les variables d’ajustement seront principalement les hébergements, les repas, et le confort que tu veux t’accorder. J’ai rédigé un article spécial sur le budget sur Compostelle que tu trouveras ici.
Quelques anecdotes…
Mes auberges coup de cœur
Le refuge pèlerin du Centre Sainte-Madeleine à Vézelay pour l’accueil par les bénévoles et la rencontre avec des pèlerins de différents horizons débutant leur chemin.


Le Monastère des Antonins et moulin de Pondaurat pour le confort et l’histoire: très beau gîte, confortable et parfaitement rénové, belle cuisine, très propre, petite épicerie de dépannage à disposition. Un lieu chargé d’histoire. Le petit pont qui enjambe le ruisseau, juste à côté, ajoute encore au charme du lieu.



Le gîte jacquaire La Kaserna de Saint-Jean-Pied-de-Port pour l’accueil fabuleux par les bénévoles (comme une vraie famille) et les rencontres avec de nombreux autres pèlerins. C’est le seul gîte où j’ai connu la grande tablée de pèlerins.


Les hébergements les plus insolites
Le Château Puyferrat est sans doute l’hérbergement pèlerin le plus insolite où j’ai dormi. Un château très bien conservé, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur, et avec un charme de l’ancien incroyable! On se croirait dans un film. À ne pas manquer.


Le Porteau Enchanteur près de Sarzay, où on dort dans une chambre aux décors d’un autre siècle, digne d’un musée. Une expérience unique!


Je ne vous parlerai pas des pires auberges, car avec ma tente j’ai eu la chance de pouvoir échapper aux pires hébergements!
Le plus beau bivouac
C’est dans les Landes à la Chapelle Lugaud que j’ai fait mon plus beau bivouac. Une petite chapelle avec des peintures d’exception (un jeune guide était présent l’été pour faire visiter) dans un grand parc entretenu par la commune en plein milieu de la forêt. Un lieu très calme (il n’y a eu que deux visiteurs à vélo sur l’après-midi, étonnant), propre, avec des tables et même des toilettes et de l’eau potable. Des moutons patûraient un bout de forêt à côté. Une dame de la commune m’a confirmé qu’il n’y avait aucun souci pour poser sa tente pour la nuit.


Le meilleur camping
Je dirais le Camping du Pont du Dognon près de Saint-Laurent-Les-Églises. Un joli camping au bord de la rivière, avec une piscine, un snack, une mini-épicerie et des sanitaires corrects. J’y étais fin juin et le camping était presque vide donc très calme. Les campings avec piscine, c’est le grand luxe en été quand il fait chaud!


Le lieu religieux qui m’a le plus marqué
Sans aucun doute la basilique de Vézelay. L’architecture est magnifique et le parc autour ainsi que la vue valent vraiment la peine. J’ai participé à la bénédiction des pèlerins le matin de mon départ de la ville, un moment symbolique et très émouvant. La lumière qui envahissait les vitraux, les chants des sœurs, les paroles du prêtre et l’énergie ressentie y étaient incroyables. Nous étions deux pèlerins bénis ce jour-là, et nous n’oublierons jamais ce moment et ce lien qui nous a uni. C’est encore les larmes aux yeux que je raconte cet instant. Nous y avons reçu la médaille de Sainte-Marie-Madeleine, que j’ai porté autour du cou comme symbole et pour me donner la force tout le reste de mon chemin.


Ma plus belle rencontre
Il y en a eu plusieurs, avec des pèlerins que je n’oublierai jamais, des bénévoles des auberges, des habitants rencontrés au bord du chemin, etc. Les rencontres sont plus authentiques sur Compostelle, les pèlerins ouvrent leur cœur, les conversations sont parfois profondes.
Une rencontre qui m’a particulièrement marquée est celle avec Cécile, une vieille dame de Charanton-du-Cher sur qui je suis tombée par hasard en cherchant de l’eau et qui m’a gentiment invitée à manger et à dormir chez elle. Elle rentrait du cimetière pour mettre des fleurs sur la tombe de son mari décédé il y a 1 an, elle m’a dit qu’elle s’était arrêtée pour regarder dans le ciel une montgolfière passer quand je l’ai accostée, comme un cadeau du ciel (ça m’a fait sourire). Je pense que ça lui a fait plaisir de passer la soirée avec quelqu’un. Elle me racontait que ses enfants avaient déjà fait un bout de chemin de Compostelle. Un beau moment d’échange comme on peut en vivre sur le chemin.



Le plus beau tampon sur la crédencial
C’est au gîte de Berries, aménagé dans un coin de la salle municipale, que j’ai eu le plus beau tampon en cire dorée. L’accueil du bénévole y était aussi très chaleureux, et le frigo est toujours rempli…il suffit de se servir et verser une contribution « donativo » (libre) dans l’urne.


Conclusion
Si c’était à refaire, je repartirais sans hésitation sur la voie de Vézelay. J’y ai trouvé ce que je cherchais : un challenge physique adapté à ma condition, un chemin intimiste, des rencontres authentiques et le temps de réfléchir en marchant. Ce n’est peut-être pas la voie de Compostelle la plus spectaculaire ni la plus animée, mais c’est justement ce qui fait son charme. Si tu cherches un chemin loin de la foule mais accessible, je ne peux que te la recommander. Buen camino, et peut-être à bientôt sur les sentiers de Compostelle!

