Après avoir passé la fin de journée parmi les chèvres de l’Atlas dans un pâturage d’altitude près de Béni Mellal, on se dirige vers la Cathédrale d’Imfsrane, à proximité de Tilougguite. En route on observe des gens qui cultivent des céréales à flanc de montagne, parfois cultivées de manière très éparse et encore une fois récoltées à la main, et des paysages avec terres qui deviennent de plus en plus rougeâtres. Les maisons souvent modestes sont faites dans ces mêmes pierres rouges.








La Cathédrale d’Imsfrane est une montagne à l’allure de falaise avec une belle rivière à son pied. L’endroit est connu pour ses randonnées et le camping au bord de l’eau. On a fait une rando jusqu’à des cascades, où on a pu voir nos premiers macaques !!, et jusqu’au début des Gorges de l’Oued Ahansal. L’endroit est très tranquille et nous avons profité de la rivière après-midi. On remarque que les sentiers de randonnée sont rares au Maroc, contrairement à l’Europe qui a un réseau de (grandes) randonnées bien développé.






Le lendemain on reprend la route à des plus hautes altitude, jusqu’à un col approchant les 3000 m. On remarque un essoufflement de la voiture dû à la plus faible pression de l’air, normal pour des véhicules sans turbo à partir de cette altitude. Une voiture sans turbo est plus robuste mais c’est comme conduire un tracteur et il ne faut pas être pressé sur la route, on doit se considérer comme un véhicule lent. Les paysages changent et les arbres disparaissent à mesure qu’on lonte. On sent bien qu’on est en montagne maintenant, on voit même de la neige sur les sommets au loin.



On passe notamment dans des petits villages faits de maisons de terre et devant des camps de fortunes des bergers d’altitude. On doit dire qu’on n’était pas à l’aise partout, nous avons eu à plusieurs reprise des gens faisant mine de nous arrêter en urgence, nous crier quela route n’est pas franchissable plus loin (alors qu’il n’en est rien), ou des enfants accourant à toute vitesse pour nous demander de l’argent (avec le risque de jets de pierre qui va avec). C’est une réalité que je ne cache pas. Le soir, on cherche autant que possible des emplacements à l’écart de tout village pour éviter les enfants trop curieux et qui ne prononcent que les mots « donne-moi argent » aux Européens de passage. Une réalité de l’Afrique qu’on ne pensait pas expérimenter dès le Maroc et qui nous a semblée différente de l’Amérique latine ou l’Asie centrale que nous avons visité précédemment.
Au bord des rivières, les terres sont bonnes et l’irrigation possible (villages Tifouina et Tarbat n Tirsal). On y observe de villages très verts avec cultures en terrasses, comme des petites oasis qui surgissent dans le paysage déjà très sec en cette mi-juin. De toute beauté pour les yeux!




A Tizi n Tighist à 2400 m d’altitude se site un site de conservation des gravures rupestres du haut atlas central. On a pu y observer des gravures sur la roche datant d’il y a 3500 à 400 ans (âgé de bronze) et représentant souvent des cavaliers sur leurs chevaux, des armes, des boucliers rond, des animaux. Ces gravures se trouvent à proximité des pâturages et bergeries occupées par les pasteurs transhumants.



Nous sommes ensuite progressivement redescendu vers Demnate, où l’importante chaleur refait son retour en plus basse altitude ainsi que les vastes champs de céréales et les oliviers. On décide de sereposer un jour au bord du lac du barrage Moulay Youssef, posés au bord d’un piste de poussière dans une forêt aux buissons éparses.


