Le Parc National du Banc d’Arguin
Le Parc National du Banc d’Arguin est l’un des deux seuls parcs nationaux de Mauritanie. Situé à l’ouest du pays, en bordure de l’océan Atlantique, il s’étend sur 12 000 km². Il abrite une faune et une flore caractéristiques des milieux désertiques à l’intérieur des terres, mais aussi des écosystèmes côtiers et marins le long du littoral. L’une des particularités du parc est la présence de vastes zones d’herbiers marins qui jouent un rôle important pour la faune marine et les oiseaux.

Le centre de visiteurs
Il existe un centre de visiteurs au sud de la ville de Chami, juste après le restaurant « La Gare du Nord ». Il est intéressant à visiter pour mieux comprendre la faune, la flore et les villages du parc national. En venant de Chami, les bâtiments administratifs se trouvent sur la droite et le centre de visiteurs sur la gauche. Au centre administratif se trouve le responsable du parc, qui pourra répondre à vos questions et vous faire visiter. Il parle très bien français. Les bâtiments ont été financés par la coopération allemande.


Il est possible de passer la nuit dans son véhicule sur le parking devant le centre administratif, avant ou après la visite du parc. Il y a des toilettes, de l’eau et une connexion Wi-Fi, même si celle-ci est très faible.
L’entrée du parc coûte 200 MRU par personne, à payer au gestionnaire du centre. Si vous suivez la trace GPS que nous indiquons ci-dessous, vous ne rencontrerez aucun poste de contrôle. Il serait donc techniquement possible d’entrer dans le parc sans payer cette taxe, à condition de ne pas passer par le centre de visiteurs.
De Chami à Arkeiss : une piste de 37 km à travers le désert
L’itinéraire de 44 km (dont ~37 km de piste) que nous avons suivi pour rejoindre Arkeiss nécessite impérativement un 4×4, certaines portions traversant des zones de sable mou.

Depuis Chami, nous avons emprunté une piste qui démarre au nord de la ville, au niveau du poste de contrôle de police, ~2 km avant le camp militaire. Il y a une autre piste qui démarre derrière le centre de visiteurs, mais elle est parfois trop ensablée pour être praticable, et le responsable nous a déconseillé d’essayer de passer par là (plus personne n’était passé depuis longtemps). Vous trouverez la trace GPS que nous avons emprunté sur la carte ci-dessous.

La « route » apparaît sur les cartes OpenStreetMap, notamment sur Mapy ou Organic Maps, et c’est d’ailleurs ce que nous avons utilisé pour nous guider. Mais attention : en réalité, ce n’est absolument pas une route. Il s’agit d’une « piste » qui, par endroits (notamment au tout début) est complètement invisible, voire inexistante, car elle est régulièrement effacée par le vent.
Il est donc important de suivre la trace GPS, même lorsque vous avez l’impression qu’il n’y a aucune piste devant vous et que vous êtes en plein milieu de rien. Dans cette immensité désertique, il serait très facile de s’en écarter progressivement et de se perdre.
L’accès à la piste se fait à proximité du poste de contrôle de police, mais il est en réalité possible de quitter la route goudronnée à plusieurs endroits. Une fois sur la trace, l’itinéraire est relativement roulant : nous avons parcouru les 37 km à environ 30-40 km/h de moyenne.
Le paysage est superbe! On traverse d’immenses étendues désertiques, avec des portions de sable compact où l’on peut rouler assez rapidement et d’autres où le sable devient plus mou et où la conduite demande davantage d’attention. Il est conseillé de dégonfler les pneus afin d’améliorer la motricité et de limiter le risque de s’ensabler.
Globalement, nous avons trouvé cette « piste » très agréable à parcourir et pas particulièrement difficile pour un véhicule adapté. On traverse des zones extrêmement isolées, presque totalement vides, mais paradoxalement très belles. Une impression assez particulière de se sentir minuscule au milieu de cette immensité.

Arkeiss
Au bout de la piste, on arrive à Arkeiss, un petit village de pêcheurs très sommaire. Derrière le village se trouve le Cap Tafarit, avec son poste de surveillance militaire. Le cap offre de belles vues sur les environs et sur l’océan. Nous avons notamment pu observer des oiseaux marins aux jumelles ainsi que les bateaux à voile traditionnels caractéristiques du parc.


Il y a également une jolie plage, devant laquelle se trouvent quelques hébergements touristiques, une sorte de restaurant où il est possible de manger du poisson et une zone de camping très basique.
L’endroit reste très rudimentaire et relativement peu fréquenté. Il ne faut donc pas s’attendre à arriver dans un grand village de pêcheurs animé : Arkeiss est avant tout un petit lieu isolé au milieu du désert.

Explorer davantage le parc
L’accès au reste du parc national est possible en 4×4, mais certaines zones sont plus délicates à parcourir. Selon le responsable du centre de visiteurs, il est préférable de partir avec un guide ou en convoi pour certains itinéraires.
Nous n’avons pas exploré davantage le parc et ne pouvons donc pas donner beaucoup d’informations sur les autres itinéraires. Sur d’autres blogs et sur Park4Night, nous avons toutefois lu que certains voyageurs s’étaient rendus de manière indépendante jusqu’à Ten Aloul et Iwik.
Bivouac et retour
En fin de journée, nous avons simplement rebroussé chemin par la même piste pour rejoindre Chami.
Le bivouac sauvage est théoriquement interdit dans le parc national et des zones de camping sont prévues dans les différents villages. Le prix (500 MRU), nous semble assez élevé compte tenu des infrastructures très rudimentaires, mais dormir dans ces campements permet aussi de contribuer directement aux populations locales.
Même si c’est encore dans le parc national, le long de la piste depuis Chami, il serait possible de trouver très facilement un endroit pour bivouaquer dans le désert, vu l’immensité des espaces disponibles et le fait que quasiment personne ne passe et qu’on a vu littéralement aucun contrôle.
Quand visiter le Banc d’Arguin ?
Nous avons visité le parc en juillet, en plein été. Il faisait très chaud, mais ça reste faisable. Vérifiez bien les températures avant de partir pour ne pas vous retrouvez avec des chaleurs extrêmes. La veille de notre visite du parc, il faisait plus de 45 degrés et ça aurait été suicidaire de partir par des températures pareilles (pas d’air-co dans la voiture en plus).
La meilleure période pour découvrir le Banc d’Arguin est l’hiver : les températures sont plus agréables et les populations d’oiseaux sont plus importantes. À cette période, çadoit vraiment valoir la peine de rester plusieurs jours dans le parc plutôt que de simplement faire l’aller-retour jusqu’à Arkeiss. Entre le désert, l’océan, les villages de pêcheurs et l’impressionnante concentration d’oiseaux, le Banc d’Arguin offre un environnement assez unique en Mauritanie.
