Nous avons exploré une partie de la Casamance, région du sud du Sénégal, pendant une semaine au mois de septembre. C’est la saison des pluies donc il faut s’attendre à de gros orages accompagnés de fortes précipitations régulièrement les après-midi et/ou nuits. Par contre ces pluies rendent les paysages très verts, et magnifiques, avec une touche de tropical. C’est aussi la saison de plantation et repiquage du riz et on peut y observer les gens travailler dans les rizières.
Baila
Premier arrêt à Baila, près d’un bar que les jeunes du village tiennent au bord de la rivière du même nom. Il y a une sorte de plage et il est possible de se baigner dans la rivière et de pêcher. Un endroit très relax où on est resté 2 nuits pour se reposer après notre travail à la ferme en Gambie. Les jeunes sont très accueillants et ouverts à échanger et partager avec les voyageurs en chemin. Lors des gros orages l’après-midi, on s’abritait sous la hutte du bar et on partageait avec les locaux des cacahuètes grillées à la braise, un plat traditionnel au riz et noix de palme, et des poissons fraîchement pêchés. En saison sèche on peut commander des boissons au bar et éventuellement des repas simples. Ils nous ont aussi fait visiter les rizières tout près. Ils utilisent l’expression qu’on aime beaucoup en Afrique : « On est ensemble » pour dire qu’on est tous pareils et solidaires. Vraiment un super endroit !





Ziguinchor


On repart un peu plus vite que prévu vers Ziguinchor pour aller à l’hôpital faire vérifier le doigt que Vic avait blessé à la ferme et qui prend du temps à guérir. On a été à l’Hôpital de La Paix. C’est un grand hôpital mais on remarque vite que les standards sont différents de l’Europe où on a de la chance d’avoir un excellent système de santé… La devanture de l’hôpital commence à tirer la tronche et, dans les couloirs, des gens dorment par terre sur des nattes à côté de leurs bagages, probablement pour accompagner un membre de leur famille hospitalisé. La prise en charge par une infirmière et un médecin a cependant été rapide et satisfaisante. Il vaut mieux attendre que le doigt guérisse tout seul plutôt que d’ouvrir pour drainer et risquer une infection, ouf. La consultation nous aura coûté 5000 CFA (7,8 €).

Maintenant rassurés, on profite du passage en ville pour faire une vidange, réparer le démarreur de la voiture, faire de grosses courses chez Auchan, et aller chercher notre visa pour la Guinée-Bissau. Comme l’attente du visa de Guinée Conakry s’éternise, on a finalement décidé de faire un tour par la Guinée-Bissau pour essayer d’accélérer un peu les choses à l’ambassade.
Entretien et réparation du véhicule
Nous avons fait la vidange dans une station Total avec de l’huile de qualité européenne. Notre véhicule étant l’outil indispensable de notre voyage, on fait très attention à l’entretien. Pour notre Toyota Land Cruiser 80 diesel en climat chaud, nous devons faire la vidange tous les 5000 km avec 10 L d’huile 15W40. Coût de l’huile : une soixantaine d’euros, le service étant gratuit.

Pour le démarreur on s’était d’abord rendu à la CFAO (chaîne de garages présente dans les pays francophones), les services sont de très bonne qualité mais les prix élevés. Rien que le diagnostic coûtait 40 €, gloups, c’est beaucoup pour notre budget. Vic connaît très bien la voiture et était quasi sûr de l’origine du problème (contacts en cuivre usés), et finalement en cherchant un peu on a pu trouver un petit mécanicien qualifié qui a confirmé le souci et qui a su nous trouver la pièce. 2 h de travail plus tard sur un trottoir et à l’aide de nos propres outils, tout fonctionne à nouveau et on s’en sort pour une cinquantaine d’euros (diagnostic, pièces et main d’œuvre compris).

Courses et alimentation
Pour les courses, certains produits (même de base) sont moins chers dans les rares grandes surfaces comparés aux petites boutiques de rue. Certains petits vendeurs vont d’ailleurs y acheter des produits quand il y a des bonnes affaires, comme chez un grossiste, et les revendre un peu plus cher dans leur boutique. Ce qui m’a frappée ce sont les légumes importés d’Europe (chou, pommes de terre, oignons, etc.) qui sont très bon marché. En Europe on se plaint du prix de l’alimentation mais en réalité elle est excessivement peu chère par rapport au pouvoir d’achat. On trouve aussi partout des morceaux de poulets importés congelés d’Europe (souvent les cuisses, ailes ou morceaux moins nobles que les filets), et qui cassent les filières locales à cause des prix très bas. Par contre les produits transformés importés d’Europe (biscuits, chips, fromage, conserves,…) sont très chers, et le papier toilette est du luxe par exemple.
On prépare quasi tous nos repas nous-mêmes. On mange une base de riz, pâtes, mil (céréale africaine), semoule, manioc par ex. avec des légumes ou fruits, du lait fermenté de type yaourt (sow), des œufs, etc. On mange aussi du pain (des baguettes un peu molles qu’on trouve partout) qu’on tartine de pâte d’arachide locale très bonne et bon marché (2 €/kg) ou de sardines en conserve. On ne mange jamais de viande (autre que le poisson en conserve ou directement pêché) depuis qu’on est en Afrique vu les risques de mauvaise conservation, la chaîne du froid étant rarement respectée. Depuis qu’on a été malades comme des chiens lors d’un précédent voyage au Kirghizistan, on fait beaucoup plus attention. De temps en temps on achète quelque chose à manger en rue (beignets, gâteaux, spécialités locales, etc.). On aime être créatifs et expérimenter quand on cuisine pour cuisiner de bonnes choses avec un panier parfois simple, et aussi s’inspirer des recettes locales. Manger de la sorte en Afrique revient à environ 200 € par mois pour 2 personnes.
Visa de la Guinée-Bissau
Le visa de la Guinée-Bissau est très rapide et facile à obtenir à l’ambassade à Ziguinchor, qui se situe près de l’Auchan. Plus de détails dans cet article.
Pointe Saint-Georges
Entre Ziguinchor et Pointe Saint-Georges, nous avons dormi près d’une ancienne carrière proche de Oussouye. Une ambiance sympa de jungle avec ses petits sentiers dans la forêt, et on a pu observer des dizaines de martins-pêcheurs noirs et blancs nichant dans la carrière.

Nous avons littéralement adoré Pointe Saint-Georges ! En septembre, comme il pleut beaucoup, on traverse des paysages d’un vert éclatant avec différents points d’eau (une sorte de marais) et on peut y observer beaucoup d’oiseaux. Le paysage est parsemé d’arbres tamariniers. Une piste en terre rouge d’une quinzaine de km parcourt ce paysage pour ensuite arriver au bord du fleuve Casamance. Nous avons dormi une nuit en pleine nature le long de la piste.



Après une nuit bien rincés par la pluie, on a été jusqu’au tout petit village en bout de piste. Les gens sont très sympas, on a traversé le joli village à pied pour aller jusqu’au point d’observation des lamantins sur la plage. De base on ne pensait pas en voir car peu nombreux en saison des pluies et à marée haute… mais quelle surprise quand on en a observé à plusieurs reprises près du rivage ! Apparemment ils viennent boire de l’eau douce d’une source à cet endroit (l’eau du fleuve étant saumâtre près de l’embouchure).




Plus à l’ouest sur la côte, Cap Skirring est un lieu d’intérêt touristique où beaucoup de voyageurs vont faire un tour, mais nous ne nous y sommes pas attardés parce qu’on ne ressentait pas trop l’envie à ce moment-là.
L’est de Ziguinchor
On avait initialement prévu d’aller jusqu’à Kédougou tout à l’est du Sénégal. Après avoir roulé une cinquantaine de kilomètres sur une route qui traverse rizières et villages de la basse Casamance, on a eu du mal à trouver un spot pour la nuit. Ici il faut demander l’accord du chef de village quand on veut rester près d’un village, et notamment au bord du fleuve. Un peu mal à l’aise par une situation où on a traversé un village maladroitement et pas très discrètement, on a finalement décidé de dormir au bord de la route nationale. On n’était pas très sereins mais heureusement personne ne nous a dérangés malgré la circulation la nuit. Après une nuit à cogiter, on a finalement décidé de rebrousser chemin et de se diriger vers la Guinée-Bissau pour aller à l’ambassade de Guinée. Après cette mésaventure et des discussions avec d’autres voyageurs, on avait peur de ne pas recevoir notre visa et d’être trop loin de tout pour aller demander de l’aide.

