Dès la ville de Guelmim, les paysages changent et nous entrons bel et bien dans le désert. Des étendues de sableuses ou rocailleuses à perte de vue, ponctuées de quelques plantes et petits buissons adaptés à ces milieux hostiles.
Nous décidons d’aller faire un tour à Plage Blanche, une longue plage vierge de 60 km de long où il est possible de rouler en voiture. Sans trop se renseigner, on loupe l’accès facile à la plage à nord, on est trop loin pour faire demi-tour. On analyse la carte et on se rend compte qu’on pourrait aller par une autre piste longeant l’Oued Aoreora (RR118 puis RR120 jusqu’au Fort Aoreora)…et quels 2 jours splendides on a passé, jamais on ne se serait attendu à ça! Il nous a fallu 2 bonnes heures pour faire les 30 km de piste qui longe l’oued. Quelques passages un peu rocailleux où il fallait rouler doucement et quelques zones sablonneuses où il faut prendre un peu de vitesse pour ne pas rester planté. Il faut bien suivre la trace GPS car la piste est peu marquée et peu empruntée par endroits. On croise des dromadaires à plusieurs reprises, dont une fois très près de la voiture, quelle chance, on pense qu’on n’en aurait pas vu si on avait été par la route classique. Un éleveur est même venu nous saluer mais difficile d’échanger car il ne parlait qu’arabe. Tous les dromadaires sont des animaux d’élevage au Maroc, il n’y en a pas des sauvages à proprement parler.



En arrivant au bout de l’oued qui ressemble à un petit canyon, on descend une piste de sable pour arriver dans le lit asséché de la rivière et ensuite se rendre sur la plage avec le 4×4…ça descend très fort et le sable est profond, on se demande comment on va faire pour remonter ensuite…Oups. Tant pis, on avisera. En attendant, on profite de la gigantesque plage déserte et de la mer, à pied…superbe! Pour sortir de la plage, c’est une autre affaire, on s’enfonce dans le sable mou mais on s’en sort en roulant doucement en vitesse courte. Dans la montée pour ressortir de l’oued, Vic tente d’accélérer à fond pour monter en puissance mais on s’ensable réellement pour la première fois, on est coincé. Vic décide de dégonfler les pneus, et on arrive à sortir de là assez rapidement. Le pêcheur du coin qui nous observe est surpris, même lui ne remonte pas par là, il nous dit qu’on a une bien bonne voiture.



On finit par prendre la piste qui longe la falaise en direction de Tan-Tan (RR120). Il faut savoir qu’il est impossible de rejoindre Tan-Tan par la plage après le fort car c’est de la falaise léchée par la mer tout le long. Par contre il est possible de rouler sur toute la Plage Blanche du nord près de Guelmim jusqu’au fort sur la plage à marée basse quand le sable est mouillé et dur (attention aux horaires des marées donc). La piste RR120 juste après le fort est très peu visible près des dunes qui sont assez mobiles, mais il suffit de les contourner comme on peut et quelques km plus loin elle devient plus facile à suivre. On garde un œil sur la trace sur Organic Maps pour être sûr de ne pas s’en éloigner trop, elle nous a bien aidé. Organic Maps est une appli légère avec des cartes gratuites Openstreetmap qu’on peut télécharger hors ligne, elle nous aide pour la randonnée et la navigation avec le 4×4 car un certain nombre de pistes sont indiquées dessus. Je rédigerai un article spécial navigation un jour.

Après quelques petits kilomètres de piste, on s’arrête pour le soir et la nuit au pied d’une dune. Un endroit désert, ultra calme, et où on ne croisera que le pêcheur avec son vieux 4×4, qui s’arrêtera pour nous donner un poisson de sa pêche du jour qu’il avait en trop et qui nous servira le lendemain pour faire un bon couscous!


Après une nuit paisible, on continue la piste le long de l’océan. Des cabanons rudimentaires de l’armée sont disposés tout le long de la côte pour surveiller la côte. Apparemment, des africains tentent de rejoindre illégalement les îles Canaries en Espagne depuis Plage Blanche, au péril de leur vie. On croise aussi quelques tentes de pêcheurs et des dromadaires. Juste après la pointe du Cap Draa, on s’éloigne de l’océan pour rejoindre la RN1 via une piste intérieure. Sur la fin, certains endroits sont assez techniques et délicats, notamment des passages de dunes où la piste est totalement effacée (il faut être très bon conducteur..,on a eu chaud parfois!!). Après le passage devant un ancien ksar (ruine de château), un retombe sur la RN1, l’autoroute du Sahara en direction de Laâyoune. Il faut compter une vitesse moyenne de 15 à 20 km/h sur les pistes aux alentours de Plage Blanche et planifier le temps de conduite en conséquence.







On descend rapidement vers le sud via cette route rapide proche de la côte. A Tan-Tan, on s’arrête dans un garage pour souder une pièce usée en dessous de la voiture. Les prix sont très bons (on aurait payé le travail 4 fois plus cher en Belgique), mais apparemment les pièces Toyota sont bien moins chères en Mauritanie donc on attendra pour acheter des éventuelles pièces de rechange. On demande au garagiste pourquoi on croise de beaux 4×4 Toyota ici alors que dans le reste du pays les 4×4 sont pourris, il nous dit que c’est l’argent de la contrebande de carburant importé du sud où il est moins cher là-bas. On comprend mieux pourquoi on voyait des gens vendre des grosses bouteilles de carburant au bord de la route. En continuant l’autoroute et en arrivant dans la région du Sahara occidental, le diesel est en effet passé de 13,9 (1,3€) dhirhams à 11,7 (1,09€) dirhams/L car les taxes sont plus faibles dans ces provinces du sud.



On s’arrête un moment dans le parc national de Khenifiss où il y a une grande lagune appréciée pour ses observations ornithologiques, ainsi que des salines. Malheureusement il y a peu d’oiseaux en cette période, donc on continuera notre chemin pour se poser plus loin dans le désert pour le bivouac du soir. C’est la première fois où on ne voit rien de chaque côté en regardant à l’horizon autour de la voiture, que du désert, mais c’est très venteux. Un sentiment d’immensité et de solitude qu’on apprécie beaucoup.




