Le chemin du Baztan, aussi appelé voie du Baztan (en basque Baztango Donejakue bidea, en espagnol ruta del Baztán ou camino baztanés), est un itinéraire peu connu mais aussi un des plus authentiques du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle. Ce chemin va de Bayonne jusqu’à Pampelune par la vallée de Baztan, reliant les paysages verdoyants du Pays Basque français aux vallées profondes et mystérieuses de la Navarre. Il était emprunté par les pèlerins débarquant au port de Bayonne ou qui venaient à pied en provenance des Landes. C’est la voie qui traverse les Pyrénées le plus à l’ouest et par le col le plus bas (col de Belate, 847 m). Il était jadis plus emprunté que le col de Roncevaux car le climat y est moins rude.
Ce chemin a tout pour plaire aux pèlerins qui cherchent la tranquilité et la beauté des paysages. On traverse des forêts de hêtres et des châtaigneraies, des pâturages de brebis et de vaches, des villages bucoliques, des paysages verdoyants.
Ce chemin fait ~108-116 km en fonction de la variante et se réalise habituellement en 5 ou 6 étapes.

Les étapes
Le chemin est balisé avec des flèches jaunes peintes.


Chemin original
Le chemin original, tel qu’indiqué sur Gronze ou sur Mapy, fait 108 km. Le balisage en France de Bayonne à Urdax (juste après la frontière espagnole) n’est maintenant plus entrenu, au profit de la variante par St Pée décrite après.
Les 5 étapes du chemin original recommandées par Gronze sont:
- Bayonne – Souraïde: 24.7 km, 214 m D+, 151 m D-
- Souraïde – Amaiur: 20.8 km, 900 m D+, 673 m D-
- Amaiur – Berroeta: 18.5 km, 328 m D+, 258 m D-
- Berroeta – Olagüe: 20 km, 747 m D+, 557 m D-
- Olagüe – Pampelune: 24.4 km, 118 m D+, 225 m D-
Variante par St Pée (nouvelle voie recommandée)
La voie par St-Pée-sur-Nivelle est la nouvelle voie recommandée par les Amis du chemin de Saint-Jacques. C’est le balisage de cette nouvelle voie qui est maintenant entretenu en France. En Espagne, rien ne change par rapport au chemin original.
Les 6 étapes recommandées par les Amis de chemin de Saint-Jacques (un peu différente de celles du chemin original) sont:
- Bayonne – St-Pée-sur-Nivelle: 24 km, 150 m D+, 135 m D-
- St-Pée-sur-Nivelle – Urdax: 19 km, 470 m D+, 390 m D-
- Urdax – Elizondo: 19 km, 683 m D+, 591 m D-
- Elizondo – Berroeta: 10 km, 250 m D+, 81 m D-
- Berroeta – Olagüe: 20 km, 747 m D+, 557 m D-
- Olagüe – Pampelune: 24.4 km, 118 m D+, 225 m D-
Hébergements et ravitaillements
Il y a des auberges tout le long du chemin à un prix très raisonnable. Une carte des étapes ainsi qu’une liste des auberges se trouve sur le site des Amis de Saint-Jacques. Il est rare que les auberges soient complètes car le chemin est peu fréquenté mais il vaut mieux les contacter la veille pour s’en assurer. Lors de mon chemin début août, il y avait 2-3 autres pélerins chaque nuit avec moi. Il y a très peu de campings, surtout en Esagne où ce n’est pas la culture.
Concernant les ravitaillements, il n’y a pas de quoi se ravitailler dans tous les villages donc il faut faire bien attention à emporter sufisamment de nourriture (parfois pour plusieurs jours) et bien anticiper les points de ravitaillement, en sachant que parfois les choix sont limités. Google map est suffisant pour repérer les supérettes/supermarchés/boulangeries/restaurants.
Il y a des points d’eau publics dans certains villages, mais il est prudent de demander si elle est potable ou bien utiliser un système de purification de l’eau.

Mon itinéraire et ressenti
Personnellement, j’ai réalisé une partie du chemin original mais à l’envers. J’ai été de Pampelune jusqu’à Espelette situé jsute à côté de Souraïde. Ceci correspond à une distance d’environ 86 km réalisée en 5 étapes au mois d’août 2025. Mon objectif était ensuite d’emprunter la voie de la Nive-Bidassoa (à l’envers aussi) pour rejoindre le GR78 (Voie du Piémont Pyrénée) jusque Lourdes.
J’ai adoré ce chemin pour la qualité des paysages et son authenticité. C’est un chemin peu fréquenté, intimiste, loin des foules. J’ai décidé de le parcourir un peu sur coup de tête sans m’être beaucoup renseignée avant et ça a été une belle surprise!
Jour 1: Pampelune – Olagüe (24,4 km, 225 m D+, 118 m D-)
La première moitié de cette étape consiste principalement à sortir de la grande ville de Pampelune, on long la rivière sur une style de voie verte proche de l’autoroute (ce n’est pas la partie la plus glamour). Ensuite on commence à emprunter des petits sentiers, traverser des pâtures, des petits villages, etc…on a l’impression de l’enfoncer dans la campagne espagnole profonde! Une fois sortir du tumulte de la ville, c’est une tout autre ambiance qui s’ouvre à nous.
J’ai dormi à l’auberge municipale d’Olagüe (8€/nuit), où j’ai été accueillie par une bénévole du village habitant juste à côté. Sur la partie espagnole, il est indispensable de connaître quelques mots d’espagnol pour contacter les auberges, la plupart des villageois parlant peu français ou anglais. Si téléphoner est difficile sans maîtriser la langue, il est cependant souvent possible de communiquer plus facilement par écrit via Whatsapp. L’auberge est super, propre, elle dispose d’une cuisine, 3 chambres avec lits superposés et un balcon. Il y a une épicerie-dépannage dans le village mais qui n’ouvre que 2h par jour en fin d’après-midi (se renseigner auprès de la personne responsable de l’auberge)!







Jour 2: Olagüe – Berroeta (20 km- 557 m D+, 747 m D-)
Cette étape est normalement la plus belle du chemin, avec le passage du col de Belate. Un ermitage-refuge y a été édifié, il a été inauguré le 5 juin 2016. Cette chapelle se trouve à l’emplacement d’un ancien ermitage qui datait du XIIème siècle. Pas de chance pour moi, il a plu toute la journée et les vues étaient bouchées par le brouillard….Je pensais pouvoir m’abriter dans la chapelle après avoir été trempée jusqu’aux os lors de la montée mais malheureusement elle était fermée!! Il y a juste un petit porche pour s’abriter. Juste après, le chemin est bordé de grandes pierres dressées destinées à baliser le passage pour les pèlerins cheminant dans la neige. Vu la pluie incessante, je n’ai malheureusement pas pu prendre de photos de ce magnifique endroit.
Une grande partie de cette journée se fait dans la forêt lors de la montée et la descente du col. Le dénivelé est assez important. La fin de l’étape aboutit dans le petit village de Berroeta où j’ai dormi à l’auberge municipale (8€/nuit). Bien entretrenue, avec une cuisine et deux salles de bain. Il n’y a pas de ravitaillement dans le village.








Jour 3: Berroeta – Amaiur (18 km, 258 m D+, 328 m D-)
Belle étape qui traverse plusieurs villages et des paysages un peu plus ouverts du Pays Basque, avec beaucoup de prairies avec des vaches et moutons. Certaines prairies sont délimitées par des grosses pierres, assez typique de la région.
On traverse une ville de taille moyenne, Elizondo, où il est possible de faire des provisions facilement. C’est une ville agréable, mais l’hébergement pèlerin n’est apparemment pas recommandable.
Fin de journée j’arrive à Amaiur qui est un superbe petit village très bien entretenu et plutôt tourstique, il y a beaucoup d’hôtels et chambres d’hôte. Je dors à l’auberge privée Amaiurko aterpea (21€/nuit) qui n’accueille pas que des pèlerins. J’y croise des randonneurs, des gens qui viennent visiter la région, etc. C’est très propre, il y a une belle cuisine et un très chouette balcon avec une superbe vue sur les environs. Il n’y a pas de ravitamment dans le village. Il est possible de prendre le petit déjeuner à l’auberge.
Fin de journée j’arrive à Amaiur qui est un superbe petit village très bien entretenu et plutôt tourstique, il y a beaucoup d’hôtels et chambres d’hôte. Je dors à l’auberge privée Amaiurko aterpea (21€/nuit) qui n’accueille pas que des pèlerins. J’y croise des randonneurs, des gens qui viennent visiter la région, etc. C’est très propre, il y a une belle cuisine et un très chouette balcon avec une superbe vue sur les environs. Il n’y a pas de ravitamment dans le village. Il est possible de prendre le petit déjeuner à l’auberge.











Jour 4: Amaiur – Urdax (10 km, 522 m D+, 717 m D-)
Petite journée mais avec un gros dénivelé. J’aurais pu fusionner le jour 4 et 5 mais j’ai volontairement fait une petite étape pour m’arrêter pour la nuit au magnifique monastère du charmant village d’Urdax.
Les premiers km sont plats, sur un chemin de campagne qui passe à côté de fermes. Ensuite ça monte très fort dans la forêt jusqu’au col d’Otxondo. Il y a une aire de repos avec eau (non potable, à purifier) et toilettes au sommet. Ensuite on descend une route de terre jusqu’à Urdax, charmant petit village touristique avec quelques restaurants et un monastère qui abrite l’auberge municipale où j’ai passé la nuit (8€/nuit). L’endroit est magnifique et très paisible, depuis la cuisine et la chambre on a une vue sur la court intérieure du monastère. Les restaurants sont les seuls points de ravitaillement (pas d’épicerie).










Jour 5: Urdax – Espelette (14 km, 310 m D+, 331 m D-)
Cette dernière étape m’amènera en France, où je bifurquerai ensuite pour rejoindre la voie de la Nive-Bidassoa. La première partie sans dénivelé m’amène jusqu’à la frontière française où je passe l’ancien poste des douanes. Au niveau de la frontière il y a plusieurs grandes-surfaces et boulangeries où se ravitailler.
Enuite le chemin nous emmène à Ainhoa, un superbe village des Pyrénées-Atlantiques classé parmi les plus beaux villages de France et arborant des façades aux couleurs blanches et rouges. Ainhoa est une bastide-rue construite au XIIème siècle pour accueillir les pèlerins du chemin de Saint-Jacques de Compostelle sur la voie du Baztan.
A la sortie du village je croise les premiers champs du célèbre piment d’Espelette! Avant de monter un col au sommet duquel on a une vue sans pareil sur la région. Une descente douce nous amène ensuite jusqu’au village d’Espelette. Je conseille d’y visiter le musée du piment (entrée gratuite) où on peut découvrir les processus de fabrication et goûter à la précieuse épice. Tout près se situe le Château des Barons d’Ezpeleta. Le village est très très touristique mais vaut le détour de part son architecture et son histoire.
J’ai dormi à l’auberge Galerie d’Art à Espelette (25€/nuit). Je ne conseille pas tellement cet endroit mais c’est maheureusement le seul hébergement en chambres partagées et bon marché dans la ville. L’hygiène laisse à désirer et le prix est trop élevé pour la qualité (perso j’ai dormi dans un lit très incorfortable dans un coin du grenier…).











Conseils pratiques
Pour savoir quoi emporter dans votre sac à dos pour faire ce chemin, n’hésitez pas à consulter mon article à ce sujet. Je ne conseille pas forcément d’emporter une tente car il y a divers hébergements à des tarifs très raisonnables et le bivouac est plus compliqué sur la partie espagnole (moins toléré qu’en France).
Mon budget a été relativement faible sur ce chemin (<25€/jour) étant donné qu’il y a beaucoup d’auberges bon marché et que la nourriture en Espagne est abordable. Plus d’informations sur mon budget pour Compostelle dans cet article.
Pour accéder aux hébergements pélerin, il vaut faudra une crédentiale. Les pèlerins font tamponner leur crédentiale dans les hébergements, les offices de tourisme, mairies, églises etc pour attester de leur chemin. Il est possible de la demander dans toutes les associations jacquaires (notamment dans les grandes villes sur les chemins de St Jacques) ou de la commander sur internet.
Il est recommandé de parcourir ce chemin du printemps à l’automne en évitant la saison hivernale à cause des conditions météo qui peuvent être compliquées en altitude.

Pauline,
Merci vraiment pour le compte rendu détaillé de ce chemin peu connu, que je viens de découvrir, même ayant fait plusieurs Chemins de Compostelle. Quel pourcentage de sentiers (relatif aux routes) sur cette voie à ton avis ?
Bonjour Sev 🙂 je dirai qu’il y a 50% de routes bitumées sur cette voie. Ces chemins bitumés sont quasi uniquement des petites routes de campagnes peu fréquentées, quasi pas de grosses routes. Par rapport à la voie de Vézelay que j’ai fait dans son entièreté, il y a moins de bitume sur la voie du Baztan.
Merci du retour Pauline. Je vais lire ta page sur le Piémont pyrénéen.