En octobre 2026, nous avons traversé la région du Fouta Djalon en empruntant des routes rurales (Popodara-Pita-Télimélé-Kindia). Un itinéraire beaucoup moins fréquenté que l’axe Labé-Pita-Mamou, et qui réserve des paysages splendides aux voyageurs qui osent s’aventurer sur ces pistes reculées et rurales de Guinée. L’itinéraire était tout à fait praticable en 4×4 en fin de saison des pluies.

Chutes de la Saala
Notre premier site d’intérêt dans le Fouta Djalon était les chutes de la Saala. Une très grande cascade de 80 m de dénivelé, très impressionnante ! La route pour y arriver est un peu chaotique…comme quasi toutes les routes de Guinée, qui est un des pays du monde avec l’infrastructure routière la plus inexistante et les routes (qui sont quasi toujours des pistes) les plus difficiles. Il faut prendre son mal en patience quand on roule ici.
On gare notre voiture avant la fin de la piste car il y a quelques passages trop défoncés et on ne veut pas risquer d’abimer la voiture. On fait donc le reste du chemin à pied…heureusement qu’on n’a pas été plus loin en voiture, car un passage d’une petite rivière peu évident nous aurait bloqué la route. Au final, les derniers km sont aussi plus intéressants à faire à pied car on prend le temps d’observer la faune et la flore (ouvrez l’oeil car il y a des singes…et apparemment même des chimpanzés si vous avez de la chance!). En empruntant un chemin à droite, un point de vue en hauteur nous offre une vue spectaculaire sur la cascade. Le sentier de gauche amène à un ancien campement et un accès à la rivière en amont de la cascade, très sympa pour se rafraîchir et se détendre au bord de la rivière.




Le soir, on a passé la nuit au bord de la petite piste menant à la cascade, très calme et sans âme qui vive. Super recommandé!
Attention que dans le Fouta Djalon, comme dans beaucoup d’autres régions d’Afrique de l’Ouest, il n’est en réalité pas très recommandé de se baigner dans de l’eau douce, même des rivières sans eau stagnante, à cause de la bilharziose ou schistosomiase. C’est une maladie parasitaire très commune due à un vers qui pénètre dans la peau et se développe dans différents organes (on ne le savait pas avant qu’une connaissance nous en parle!!…bon au moins on est prévenus pour les autres fois).
Pita
Depuis la cascade de la Saala, on a rejoint Pita par les pistes dans la campagne, ce qui fait qu’on n’est même pas passé par la ville de Labé (tant mieux peut-être, car on n’est pas très branchés villes comme vous l’avez sûrement déjà remarqué…).
Les villageois dans les zones rurales font toujours signe avec bienveillance, c’est agréable. Arrivés dans la ville de Pita, c’est une tout autre ambiance qu’on ressent. En Afrique, plus que nulle part ailleurs dans le monde, on sent que les villes « rendent l’humain mauvais » et l’ambiance y est beaucoup moins sereine qu’à la campagne.

On est tombé par hasard sur un missionnaire allemand, Karl, qui nous explique de nombreux faits intéressants sur les gens en Guinée et en Afrique en général. Notamment l’effet désastreux des smartphones sur les jeunes générations dont le continent n’est pas épargné malgré le pouvoir d’achat très faible (effet d’autant plus amplifié que l’éducation fait parfois défaut), l’éthique du travail très différente de l’Europe, la liberté, le peuple Peul, etc. On avait notamment remarqué de très belles maisons dans les campagnes. Il s’agirait des Peuls, qui culturellement détiennent les vaches et dont le gouvernement aurait jadis pris possession d’une partie de leurs animaux, en conséquence de nombreuses personnes sont parties travailler en Europe ou aux USA et sont ensuite rentrées dans le village d’origine en y construisant de belles demeures.
Karl nous conseille une route alternative pour aller vers la capitale Conakry, plus rurale et agréable à parcourir même s’il faut s’attendre à de longues heures de route sur des pistes parfois compliquées. On change donc nos plans en 2 secondes, et on se dirige vers la N22 en direction de Télimélé !

Chutes de Kambadaga
Comme nous avons pris la route à l’ouest de la rivière Kokoulo, nous avons rejoint les chutes de Kambadaga par un endroit moins connu et différent de l’accès officiel. Les pistes depuis Pita sont délicates : cailloux, rochers, ravines, etc. On avance maintenant à du 10 à 15 km/h à tout casser.

On rejoint un point de vue splendide sur le Fouta Djalon où on passera 2 superbes nuits de bivouac, garés sur de grosses pierres plates face à la vue divine. On observe un grand groupe d’une quinzaine de singes verts qui sont de passage et on entend les cris des chimpanzés dans la vallée !


La piste vers Kambadaga étant trop difficile, on a décidé de faire le reste du trajet (4 km) jusqu’aux cascades à pied. Un itinéraire super joli dans la campagne où on traverse des champs de riz et de fonio (une céréale ancienne dont c’est la récolte en ce moment), on traverse une petite rivière à pied et on rejoint le « pont de lianes »… un pont dans un piteux état et d’une stabilité douteuse, surtout au milieu où toutes les plaques pour marcher sont tombées dans la rivière tumultueuse. Bon, vu l’obstacle et notre manque de temps avant la nuit, on a décidé de rebrousser chemin… game over pour cette fois-ci et tant pis pour le beau point de vue sur les chutes. La balade nous a déjà amplement satisfait par ses beaux paysages.



Doucki
Doucki est un endroit connu du Fouta Djalon pour faire des randonnées avec le guide Hassan. Le tarif étant un peu hors de notre budget et vu qu’on ne ressentait pas le besoin de randonner plus que ce qu’on fait par nous-mêmes, on a simplement été voir le point de vue sur la vallée depuis la falaise et on a bivouaqué à proximité. La pluie était aussi de la partie et ne nous a pas permis d’explorer beaucoup.

De Pita à Télimélé: Sur la N22
Voici quelques photos sur la N22 entre Pita et Télimélé. Une très chouette piste qui nous permet de traverser de magnifiques paysages ruraux du Fouta Djalon. Des routes sinueuses, des forêts denses, des rivières et des cascades, des petits villages avec des gens très contents de notre passage, etc. Vous le voyez sur les photos ci-dessous: la route nationale N22 est en fait une piste de terre peu préparée, par endroits rocailleuse, où on roule à du 15-20 km/h maximum.


Après avoir repéré un « belvédère » sur Organic Maps, nous décidons d’aller voir ce dont il s’agit. Après avoir serpenté sur un petit sentier presque inexistant, nous arrivons sur un gros rocher qui fait office de point de vue sur une cascade grandiose avec une hauteur de chute impressionnante… belle surprise ! Une cascade un peu secrète et qui, je pense, devrait être tarie en saison sèche…

Un avantage du voyage en saison des pluies, c’est la beauté des paysages très verts, les rivières et cascades qui coulent à flot, l’observation des gens qui cultivent les champs, et le peu d’afflux touristique. Par contre, les pluies rendent les conditions de voyage difficiles : routes moins praticables, gestion du bivouac plus compliquée, moustiques et autres bestioles avec leur cortège de maladies et d’ennuis… Sur notre bivouac à la fin de la N22, nous avons été une fois de plus « bouffés » par les midges qui entrent dans notre tente par les mailles de la moustiquaire. Une vraie plaie… La seule manière de s’en protéger est de fermer toute la tente et de mourir de chaud et trempés par la sueur la nuit ou bien de s’enduire de DEET (nous avons choisi la 2e solution…).


De Télimélé à Kindia: sur la N24 – A1-3
Pour cet itinéraire de Télimélé à Kindia, ne faites pas confiance à Google Maps qui vous enverra par la N24 qui a disparu au fond du réservoir de Souapiti ! La piste à suivre est plus claire sur Organic Maps: il sufit de suivre d’abord la N24 jusque Kambanya puis la A1-A3 qui passe sur la droite du réservoir. Au début la piste n’est pas très bonne, puis elle devient de plus en plus roulante à mesure qu’on se rapproche de la N1 vers Kindia. On dirait que les Chinois qui exploitent une mine de bauxite ont aussi refait un peu la piste. Les Chinois investissent dans des mines et des infrastructures routières en peu partout en Afrique de l’Ouest.





Le long de la A1-3, on observe de nombreuses parcelles de maraîchage (tomates, okra, pastèques, piments, etc). Curieux, on s’arrête devant un champ de pastèques…et même avant de demander quoi que ce soit, le propriétaire vient vers nous et nous offre 2 superbes pastèques !! On s’arrêtera aussi pour acheter des piments locaux qu’on voit sécher partout devant les maisons.






